ITINERARI le blog

L'ORIGINALITE DE LA GASTRONOMIE ITALIENNE

Città del Vino : l’association qui fédère et fait découvrir les territoires viticoles italiens

Évènements grand public, prix nationaux, Observatoire National du Tourisme du Vin, École Nationale d’Œnotourisme : autant d’initiatives portées par l’Associazione Nazionale Città del Vino pour valoriser les vins italiens.

Images dans l’article : © Associazione Nazionale Città del Vino

Dans de nombreux territoires, le vin n’est pas une simple boisson, mais une véritable culture bâtie au fil du temps par les populations et les producteurs avec leurs traditions et leur histoire. Tout comme la France, l’Italie est un pays où la culture du vin a des racines très anciennes.

Comme toutes les cultures, aussi celle du vin est en évolution continue. Il est important donc d’en sauvegarder les traditions tout en avançant vers des nouvelles techniques et des nouveaux cépages. De sauvegarder les territoires et, en même temps, de les faire connaître, dans le pays même et à l’étranger.

En ce sens, l’Associazione nazionale Città del Vino est née en 1987 dans le but de créer un réseau de communes et d’entités territoriales à vocation viticole, dépositaires d’au moins une AOP et d’une IGP.

Avec le temps l’association a obtenu un nombre remarquable d’adhérents, parmi lesquels plus de 500 communes (un chiffre considérable si on considère que le nombre de communes en Italie représente environ un quart de celui de la France).

Pour mieux comprendre l’histoire et les activités de l’association, nous nous sommes adressés à M. Angelo Radica, Président de l’Association nationale Città del Vino, ainsi que maire de la Ville de Tollo (Chieti) et Président du Réseau européen des Villes du vin RECEVIN.

Itinerari : Commençons par un peu d’histoire : quand, où et par qui est née l’idée de fonder l’association Cité du Vin, et avec quelles ambitions ?

Angelo Radica : Nous sommes nés il y a presque trente ans, en 1987, lorsque la filière vinicole italienne a dû faire face à ce qui fut probablement le moment le plus difficile de son histoire. Le scandale du vin au méthanol réduisit à néant la perception de fiabilité et la réputation des entreprises et des producteurs. Il a alors été décidé de repartir en quelque sorte de l’année zéro, et de créer une association capable de démentir cette idée en réunissant les territoires viticoles ainsi qu’en affirmant et promouvant la qualité au sens le plus large possible : la valeur des produits, tout comme l’histoire et l’identité qui les accompagnent. Le vin n’est pas simplement une boisson, c’est la convivialité, la culture des territoires où il est produit et dont il caractérise l’histoire, les traditions, les paysages. Pour nous, ce sont tous des éléments indissociables. Cette intuition s’est révélée juste : au fil du temps, l’association a réussi à réunir plus de 500 communes, ainsi que plusieurs province (départements) et municipalités, même à l’étranger.

I : Quels sont les critères requis pour que les différentes villes puissent rejoindre l’association ?

A.G. : Les communes, ou les entités territoriales, qui rejoignent l’Association Nationale Cité du Vin doivent être dépositaires d’au moins une production AOP ou IGP, ou, à défaut, pouvoir attester d’une tradition œnologique significative. C’est la codification de notre mission, qui unit, comme nous l’avons dit, la qualité de la production à la centralité de l’histoire, de la culture, de l’attention portée à l’environnement et au paysage.

I : Quelles sont les initiatives les plus importantes proposées par l’association Cité du Vin pour promouvoir les vins des différentes villes ?

A.G. : Pour nous, la promotion des vins est indissociable de celle des villes et des territoires. Plus précisément, cette dernière s’exprime à travers les vins qui y sont liés. Au fil du temps, l’association a promu et développé une série de projets et d’activités qui tournent autour de cette intention et de l’objectif de promouvoir le lien entre vins de qualité et traditions locales. Parmi ceux-ci, on trouve :

  • Le Concours œnologique international, arrivé à sa 24e édition, qui est la référence principale pour les passionnés et les professionnels ;
  • Les Nuits du Vin, qui, en été, proposent un riche calendrier d’événements dans les borghi pour déguster et parler de vin dans une ambiance de détente et de loisir ;
  • Les activités liées à l’œnotourisme, un domaine que nous développons de plus en plus, comme l’Observatoire National du tourisme du vin et l’École nationale d’œnotourisme ;
  • Le titre de Cité italienne du vin, qui permet aux territoires lauréats de disposer d’un outil de promotion formidable. Pour la période 2026/2027, Conegliano Valdobbiadene, en Vénétie, et le Vulture, en Basilicate, ont remporté conjointement ce titre ;

Mais encore le concours sur les meilleures pratiques d’urbanisme, le Palio des tonneaux, le concours de Contes autour du vin ou celui pour la création des affiches de l’association, parmi d’autres.

En outre, nous sommes constamment présents aux tables institutionnelles et dans les débats pour représenter les besoins et les demandes des cités du vin et de la filière en général. Grâce à nos outils de communication (web, réseaux sociaux) et à notre revue Terres du Vin, nous leur accordons une attention continue.

I : Quelques informations sur l’Observatoire National du Tourisme du Vin ? À quel point le tourisme est-il important pour la diffusion et la découverte des vins italiens ?

A.G. : Nous avons été parmi les premiers à en parler, et maintenant, c’est un secteur qui compte de plus en plus dans les bilans et les activités des entreprises. Lors du Vinitaly, nous avons présenté les données de la 21e édition du rapport de notre Observatoire. D’un côté elles ont confirmé cette évidence, qui est valable surtout pour les petites et moyennes entreprises, mais aussi en général : nous parlons d’une valeur de plus de trois milliards d’euros, soit plus d’un cinquième du secteur.  De l’autre, elles ont mis en lumière les énormes marges et le potentiel de l’Italie, encore plus significatifs si l’on considère la phase délicate que traverse la filière. En gagnant en importance, l’œnotourisme peut offrir à l’industrie du vin des alternatives valables de développement, de croissance et de richesse. De plus, il met en valeur un aspect qui nous tient particulièrement à cœur, je le répète, le lien entre le vin et le territoire.

I : Où se trouve et comment fonctionne l’École Nationale d’Œnotourisme ?

A.G. : C’est un projet en phase de lancement, né de la conviction que la croissance de l’œnotourisme dépend avant tout de la formation des acteurs. C’est un maillon qui manque encore en Italie, du moins de manière structurée. La première initiative que nous annoncerons se déroulera dans les Abruzzes.

I : Le Concours Œnologique International Cité du Vin en est cette année à sa 24e édition. Comment a-t-il évolué au fil du temps, et quel est son impact sur la diffusion de la connaissance des cépages et des caves des différentes villes italiennes ?

A.G. : Vingt-quatre éditions, c’est un nombre remarquable, qui couvre presque toute la durée de vie de notre association, en tenant compte de la période de suspension due à la pandémie. La croissance a été constante, comme en témoignent les chiffres : l’année dernière, à Sienne, la présence de 1 500 participants en témoigne, tout comme la dimension internationale mise en évidence par la présence de commissaires étrangers, ainsi que la création du Grappa Award, un prix qui depuis sept éditions met en avant l’attention que nous portons aux changements des goûts du public et aux innovations du marché.

Cette année, nous serons à Pramaggiore, en Vénétie, du 29 au 31 mai, toujours dans un esprit de nouveauté et d’ouverture : le Grappa Award s’élargira au vermouth, au brandy italien et aux eaux-de-vie de raisin.

I : Les activités de l’association attirent-elles aussi le public étranger ? Si oui, dans quelle mesure ?

A.G. : Absolument, et de manière significative, car Cité du Vin, en promouvant les vins et les territoires, invite à la découverte et guide vers des itinéraires nouveaux, souvent surprenants.


Pour les passionnés :

L’édition 2026, la 24e, du Concours Œnologique International Città del Vino et la 7ème édition du Grappa Award se dérouleront en Vénétie, à Pramaggiore, les 29, 30 et 31 mai, dans les lieux de l’historique Mostra Nazionale dei Vini de Pramaggiore : un lieu symbolique, chargé d’histoire et profondément lié à la tradition viticole italienne.
Au Concours Œnologique participera une large gamme de vins : vins tranquilles, pétillants et effervescents, à appellation d’origine ou à indication géographique, de toutes catégories, en provenance d’Italie et de l’étranger, avec une attention particulière pour les  vins biologiques, biodynamiques et durables, ainsi que pour ceux issus de cépages autochtones ou internationaux, ou encore étroitement liés à leur terroir, comme les vins d’origine volcanique ou produits le long d’itinéraires historiques de la vigne et du vin.
Nouveauté 2026 : Prix Spécial PIWI réservé aux vins élaborés à partir d’au moins 80 % de raisins issus de cépages résistants aux maladies fongiques.

Les nouveautés du Grappa Award seront l’introduction du Vermouth, produit identitaire en plein essor, ainsi que des eaux-de-vie de raisin et du Brandy italien.


Pour en savoir plus :

site officiel de l’association

site officiel du Concours Œnologique International Città del Vino

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